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Being wired again…(And again)

Lundi dernier, au Bota, il y avait WIRE…


Parler de WIRE dans le contexte de son époque phare (1977-1980) Est, je l’avoue, un exercice assez périlleux.
Plus qu’un groupe, plus même qu’une simple épopée de 36 mois, le mot WIRE évoque immédiatement pour quelques explorateurs musicaux de ma génération un épisode charnière, une partie mobile de l’échelle du temps, un coulissement du monde un brin lourdingue et patchoulesque de la fin des seventies vers une période à la fois sombre, enivrante,grouillante de promesses mélodiques à venir.
WIRE, c’est aussi un changement radical quant à une certaine perception du Rock, et ce pour les trente années qui viendraient…(Du moins pour quelques irréductibles dont espère encore faire partie votre serviteur!)
Sans quelques groupes comme eux, beaucoup d’entre nous auraient mis fin, comme la plupart des gens de la génération Floydesque par ailleurs, à un parcours musical teinté de Yes, de Mike Oldfield, de Scorpions, de King Crimson ou de Deep Purple, rendant les armes en se fondant dans la masse sécurisante des adorateurs de Dire Straits, par simple manque de munitions, les dinosaures s’enlisant dans l’autosatisfaction et l’alternative Punk ayant été décidément trop crétine…
C’est le moment que choisit WIRE pour débarquer sur les tourne-disques de certaines chaumières perspicaces.
WIRE, d’un coup de torchon auditif, a permis à beaucoup d’entre nous de changer de cap, vers de nouvelles aventures sonores.
“Pink Flag” nous avait fait comprendre dès 1977 que l’abrutie fugacité du Punk aurait probablement un prolongement plus…Arty.
“Chairs Missing” transformait l’essai avec une créativité débridée et survitaminée.
Quant à “154″, avec ses nappes de synthés brumeuses et ses guitares qui geignent comme autant de sirènes de paquebots fantomatiques se perdant dans l’épais brouillard glauque d’un quelconque estuaire pollué, il reste un des albums ayant marqué de manière irrévocable la face acoustique de ma pauvre petite existence…Et je pense (J’espère!) ne pas être le seul.
Il ouvrait grandes non seulement les portes de la Cold Wave, ce qui, à l’heure actuelle, peut sembler assez restrictif et un peu anecdotique, mais aussi d’une jouissive et subversive propension à quitter les sentiers battus d’un certain Mainstream Rockenrollesque (Et tous les M’as-Tu-Vu qui suivraient, tels The Police, Simple Minds et autres U2).

Voila pourquoi leur dernier album (”Object 47″), bien plus que le précédent “Send”, m’a fait l’effet bizarre, à la fois malsain et réconfortant, de voyager dans l’histoire…
(Mais vous en avez l’habitude avec moi …Hein?)
Comme si un caprice temporel avait convaincu, après trente année d’une trilogie reconnue, le groupe de la nécessité d’une tétralogie.
Il est possible que le départ de Bruce Gilbert (Second guitariste) ait quelque peu laissé le champ libre à la créativité mélodique honteusement méconnue de Colin Newman (Il suffit d’écouter ses expériences en solo, le glacial “A-Z”, le pétillant “Not To” et le magistral “Commercial Suicide” pour s’en convaincre).
En tout cas, si des sommets harmonieux comme ceux atteints dans la trilogie ne paraissent pas tout à fait gravis ici, l’esprit y est! Et la voix de Newman, moins hargneuse qu’aux temps héroïques de “1.2.X.U.” reste encore incroyablement énergique,un tantinet cynique, faussement maniérée…Bref celle d’un Dandy un peu teigneux certes, mais terriblement sympathique.
Ce subtil dosage d’accent Cockney et de préciosité victorienne (Oscar Wildesque?) est indubitablement un des facteurs qui rendent WIRE si caractéristique, si attachant.
Partant de là, un morceau tel “Patient Flees” et ses So British terminaisons en “Ion” se révèle franchement jubilatoire et se prête admirablement bien aux démonstrations intonatives de Newman, catégorie Freestyle.

Nous avions, je l’avoue, une certaine appréhension à les voir sur scène, vous pensez bien, 30 années de mythe vynillique à portée de main, en chair, en os et en sueur…
Dès les premières mesures et l’édification immédiate d’un imposant mais néanmoins subtil mur sonore, la magie a opéré.
L’oeil pétillant de malice et les mimiques narquoises d’un Newman tout en second degré, la hargne authentique d’un Graham Lewis, les yeux mi-clos d’un métronomique Robert Grey (Il n’aime plus qu’on l’appelle Gotobed), la seconde gratte tripotée abruptement par une Margaret Fielder (P.J.Harvey, Laika) assez…”Rough” (J’Y pense, Laika est responsable aussi d’une cover de “German Shepherds” sur le Tribute “Whore”…Comme le monde est petit!) Ont fait le reste.

Seul sur l’autoroute, de retour du Bota,je me remémorais leur interprétation de “The 15th” et, tel un lâcher de chiens lors d’un Greyhound Racing, “Three Girl Rhumba”, “I Am The Fly”, “Outdoor Miner”, “I Should Have Known Better”, “A Touching Display”, “Ahead”, “Eardrum Buzz”, “Kidney Bingos” ont à nouveau déboulé dans ma tête…Sans même avoir été joués ce soir là.

“Object 47″ Donc?
Un des albums de l’année…
Notez, j’assume pleinement ma totale et profonde subjectivité, mais plus j’y songe, plus je me dis que cet opus est bien plus, pour un fossile de mon espèce, qu’un simple album, c’est un véritable paquet de madeleines…Et encore, pas n’importe lesquelles, des vraies, encore tièdes et moelleuses de s’être gorgée de la chaleur du four(Thermostat 12), parce que, de par son intelligence, son intransigeance, son énergie, son sens de l’autodérision, son besoin impérieux de se distancier des modes, en les créant parfois afin de mieux les précéder, WIRE est resté, terriblement, formidablement, intensément…Contemporain.
Et parce que désormais, dans le monde merveilleux où nous vivons, tout est possible, on vous a rempli votre petit panier de quelques vidéos, volontairement non rangées dans un quelconque ordre chronologique…A quoi bon?
WIRE est intemporel…



Dites, j’y pense tout à coup, l’ami Marc y était aussi…
Et si nous allions jeter un oeil du coté de “Chez lui”

Histoire de voir comment il a tourné la chose…Hein?
Bonjour chez vous



Une note rédigée par Mathusalem
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