Après une évolution un peu erratique du casting de la rubrique, il est temps de replonger dans les fondamentaux, à savoir la théma « pourquoi es-tu triste fillette ? »

Sans doute pas la plus connue des chanteuses dont on a parlé, Kelly de Martino partage pourtant beaucoup avec toutes les veinardes dont il a été question. Son album Radar se situe en effet au confluent de beaucoup de choses dont il a été sujet ici. Du label de Sibille Baier (Green Village) en passant par les spectres de Hope Sandoval et Feist, et l’intimisme bizarre de Lisa Germano. Vous pouvez penser que ça fait beaucoup de références et ce n’est pas faux. Mais son univers lui reste propre, et à aucun moment on ne soupçonne l’emprunt. Ce n’est aucunement un exercice de synthèse tant elle se propose comme un complément à ces bouleversantes voix féminines.

Après une formation de pianiste classique, c’est à Bordeaux que cette Américaine enregistre son seul album à ce jour. Nappé dans une ambiance ouateuse générant un spleen de bon aloi. Plus rarement, on pousse jusqu’à un mid-tempo frais qui évoque Suzanne Vega, voire un brouillard de guitare. Et de temps en temps, une batterie furieuse tout en double pédale déboule pour appuyer ces riffs apocalyptiques. Cette dernière phrase est fausse, je vérifiais juste que vous suiviez encore.
Mais place à la musique. Evidemment, le titre d’appel est et restera Bumblebees, qui est aussi intimiste mais plus poignant que le reste de la plaque. Elle était d’ailleurs sensée nous en fournir une seconde à la fin de l’an passé mais on n’a encore rien vu venir. On vous le signalera le cas échéant. C’est avec elle que je vous quitte, n’hésitez pas à déverser vos habituels torrents de commentaires.